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Les appréciations

Mestizo

Mestizo,  Tata Inti ( Père Soleil)  ou la Musique du Monde

Samedi, le 23 mars 2019, à  la salle de spectacle  Saint-François-Xavier de Prévost, Diffusions Amal'Gamme présentait l'ensemble Mestizo, composé de quatre membres réguliers soit Emanuel Ruiz, David Ruiz, Francisco Ruiz et Hyrum Riofano. Deux invités surprise se sont joints, Mauricio Reyes aux cordes et Maximo de la Cruz aux percussions. Ce groupe est né à l'automne 2006 dans le quartier Côte-Des-Neiges de Montréal. Il transmet l'expérience de la musique andine dans une tradition millénaire, avec force et passion.

Le titre de ce concert Tata Inti se traduit par  Père Soleil. Le sens profond de cette musique nous fait ressentir l'énergie qui unit l'homme aux éléments de la nature dans toutes ses dimensions depuis ses origines : lune, soleil, ciel, terre, jour, nuit, océan, homme, feu, pluie. Une belle musique douce et profonde parfois endiablée, magique. Son écoute révèle le mysticisme des montagnes des Andes et de l'Amérique du Sud, du Pérou, de l'Équateur, du Chili, de la Bolivie, de la Colombie et de l'Argentine.

Les  musiciens polyvalents changent d'instruments à la vitesse de l'éclair, des fois au cours d'une même prestation avec une habileté remarquable! Ils sont sympathiques et talentueux. Maximo de La Cruz aux percussions est particulièrement inspirant par le rythme qui l'habite et par sa façon de nous communiquer sa passion dans son attitude. Le public ressent bien la fierté de  ces artistes à partager  leur culture musicale. Ils ont une approche inclusive, ce qui rend le concert encore plus attrayant.

Cette musique du Monde nous fait voyager en compagnie d'instruments qui existaient avant l'Empire des Incas. Les musiciens parlent fièrement de la flûte de pan composée de deux rangées de tuyaux de roseaux, dont la taille et la façon de l'accorder varie. Les deux roseaux du siku sont accordés soit en gamme pentatonique ou en gamme diatonique. Deux artistes sur scène se partagent une mélodie en jouant sur un grand siku. Ensuite, nous apprenons que les musiciens des Andes  développent de larges poumons  à cause de la haute altitude dans laquelle ils vivent. Le souffle requis pour jouer de la flûte était au rendez-vous! De la simple flûte taillée dans le bambou, nous passons au  sac de sabots d'âne qui imite le bruit des feuilles sèches, au bâton de pluie et au puissant charango. Le charango ressemble à une petite guitare arrondie dans une coque de bois qu'on fabriquait jadis dans la carapace d'un tatou. Il a un son aigu. L'invention de cet instrument à cordes fut encouragée par l'arrivée des Espagnols au XIVème siècle. Notre apprentissage se termine avec la mâchoire d'âne, curieux instrument de percussion. Très intéressante incursion dans cet univers.

Un concert haut en couleurs qui se termine sur une pièce popularisée en 1970 par le duo Simon & Garfunkel, El Condor Pasa.

Bravo à Diffusions Amal'Gamme! Il n'était pas simple de présenter un répertoire folklorique et non conventionnel. Pari sur la Musique du Monde relevé!

Carole Trempe